C’est le mot de l’année 2026 (dixit Views France) et vous ne le saviez peut-être même pas. Non, pas “loose” ni “Celinedion” mais… “maxxing”. Et c’est le dictionnaire en ligne Dictionary.com qui a élu ce terme que vous n’utilisez peut-être pas (encore) mais qui exprime assez bien ce que nombre d’entre nous ponctue par le désormais incontournable “toujours plus”. Dans feu les ninetees, il y avait un monsieur moustachu égérie des biscuits Bahlsen, qui s’appelait “Monsieur plus”, agitait son bras et incarnait à lui seul et pour une génération désormais post-quinquagénaire ce que notre glaciale société appelle désormais “le maxxing”. Il y a par exemple le “solo-maxxing” (une justification à la flemme de s’intéresser aux autres), le “phéromone-maxxing” (une justification à la flemme de se laver), le “look-maxxing” (une justification à un narcissisme doublé d’une addiction aux soins et autres actes de chirurgie esthétique… Bref, vous l’aurez compris, le suffixe -maxxing sert à plein de trucs.
Perso, et je crois n’être pas la seule utilisatrice d’Instagram, je me ferais bien une petite période de Jude-maxxing pour traverser vaillamment cette entrée dans Novembre qui, comme le souligne ma copine Mamouz, est à l’année ce que lundi est à la semaine. Un truc un peu merdique et froid auquel il faut s’habituer avant de cheminer avec discipline dans un hiver rendu tolérable par des guirlandes électriques, des films à l’eau de rose et beaucoup de sucre. En attendant, on se repasse donc un Jude Bellingham crevant de chaud en slip au sauna (pour avoir écrit récemment un papier sur le sauna et effectué quelques recherches, je tiens à préciser que les règles de base recommandent de n’en pas porter mais évidemment, Calvin Klein n’aurait pas kiffé). Et on se dit que non, vraiment, le magazine People, qui élit chaque année “l’homme le plus sexy du monde” commence à ne “plus avoir les yeux en face des trous”, comme on disait du temps de ma grand-mère (et cette expression m’a toujours un peu dégoûté d’ailleurs). Parce que le mag a désigné comme fantasme 2026… Noah While, le docteur Carter d’Urgences devenu chef de service en PLS de la très réussie série The Pitt.
Donc je répète OUI la série est géniale mais NON Noah While n’est pas l’homme le plus sexy du monde. D’ailleurs, si vous avez des noms à balancer allez-y, je trouve que ça rendrait novembre bien plus émoustillant. Je pourrais même en faire un chouette carrousel Instagram. Ok (dit la meuf à qui personne ne répond), donc à moi je commence : Harry Style. Et en français (beaucoup plus dur) : Thierry Neuvic. Je vous laisse enchaîner en commentaire…
… pendant que moi j’enchaîne tout court sur tout autre chose. Ma passion. L’orthographe. Et bha j’ai lu dans le magazine ELLE que l’orthographe telle qu’on la pratique aujourd’hui serait le fait du choix politique d’une élite dans le but d’opérer un tri social. Je cite l’experte (autrice de “Le Bescherelle se rebelle” déjà ça partait mal pour qu’on s’entende elle et moi) : “L’orthographe s’est complexifiée au XVIIe siècle sous la pression de l’Académie française. Ses membres ont décidé d’ajouter des “y” et des “ph”, des “h” un peu partout pour imiter le latin. Auparavant, on écrivait “une frase” ou “le stile”. Ces règles ont été édictées pour distinguer les gens de lettres d’avec ‘les ignorants et les simples femmes’, précisent alors les Académiciens, car les femmes n’apprenaient pas le latin”. Malheur. Encore un truc gravé en moi à la seule force d’une société patriarcale fondée pour que les gens de mon genre soient bien écrasé-point e- point s. Bon, après, moi je dis justement, autant montrer maintenant que femme ou pas femme, bha l’orthographe et moi, on est comme ça.
Et pour en finir avec les questions linguistiques, je noterai ici ma découverte du mot “rodave” à la faveur de l’écoute d’une chronique sur France Inter. Alors NON pour les gens qui se disent “whaaaat elle connaissait pas ???!!” non je ne connaissais pas ce mot utile qui signifie “regarder” mais aussi “repérer” ou “griller”. En mode “je l’ai rodave en train de mater Bellinghan plutôt que de relire son roman” (ça c’est pour voir si mon éditrice lit ma newsletter).
Ah et non un dernier mot pour les foodistos : après le brookie, le cronut, le crookie, j’ai découvert cette semaine… le croflan. Un croissant-flan. Pas goûté encore mais rodave.
Et alors dernier truc rodave (oui, je sais, ça commence à devenir lourd, en plus je suis à deux doigts de changer le nom de cette newsletter pour la rebaptiser rodave), vous avez forcément entendu parler de la trend “Toc toc”. La vieille chanson de Patrick Sébastien (“Toc toc, on frappe à ma porteuuuu” attention ça trotte dans la tête) remise au goût du jour par Tik Tok. Eh bien un gros papier du Parisien racontait cette semaine l’histoire incroyable de ce gamin de 17 ans de Compiègne qui a permis à cette pouet pouet song de bal musette de faire le tour du monde. “Alors que ‘Toc toc’ passe en fond, Noah sautille sur un pied avec énergie, mimant le geste de toquer sur une porte imaginaire. (...) la vidéo du lycéen atteint des sommets et devient virale : visionnée plus de 6,2 millions de fois sur Tik Tok, elle fait le tour du monde”, raconte le quotidien. Depuis, elle a été traduire dans plein de langues, reprise par des groupes de K-Pop, Noah reçoit des centaines de messages par jour, Patrick Sébastien l’a appelé deux fois (tu m’étonnes merci les droits d’auteur) et, “fort de cette exposition, l’adolescent a d’ores et déjà été approché par des marques.” Et le journaliste de conclure sur le devenir du bachelier devenu célèbre en un cloche-pied : “Si sa filière le destine à des domaines comme la comptabilité ou le commerce, il se dit davantage intéressé par une carrière dans les forces de l’ordre. A moins que ‘Toc toc’ ne soit venu tout bouleverser.” A méditer.
Et sachez-le si vous partez visionner lesdites vidéos en mettant le son, il vous en coûtera peut-être bientôt (pitié oui !) une amende si nous suivons le chemin des britanniques lesquels sont passibles désormais d’une prune de 120 euros pour écoute sans écouteurs dans les transports.
God save the king, et bonne semaine !






