Tous les looks sont en silhouettes portés en fin de newsletter
J’ai adoré cette info lue dans The Guardian. Nos week-ends ont cent ans ! Vous vous coucherez moins bête en sachant qu’ils ont été instaurés par Henry Ford qui a « offert » ces deux jours de congé (et pour le même salaire) à ses employés en 1926, donc. Pas que par humanité, entendons-nous. Mais il s’est rendu compte que s’ils bossaient sans arrêt, lesdits employés n’auraient pas la latitude d’utiliser leurs voitures et donc n’en achèteraient pas. Conçus pour nous laisser le temps de consommer, donc, ces deux paradis de fin de semaine sont depuis devenus bien plus que cela.
Pour ma part, ils sont le point d’orgue d’un cycle débutant par l’honni lundi (y’a rien à faire, hiver comme été, vacances ou congés, le lundi, je bade), avançant mollement puis à toute allure vers la félicité du vendredi, ce jour où l’on chille un peu entre collègues, où la vie s’allège, où l’on entrevoit la quiétude à venir. Celui du « TT », aussi, ce truc qui nous est tombé dessus y’a pas si longtemps et qui sert pas mal quand même (entre deux Zooms et EVIDEMMENT pas sur les heures de travail) pour anticiper le gros plein de courses, la manucure, le ménage pour préparer un chouette cocon sans plus avoir à saborder son lendemain. Et puis l’apéro du soir qui fait “coucou” de loin, et bientôt le dépôt des armes, l’ordi qu’on ferme, le “bon week-eeend” qu’on gueule bien plus fort et joyeusement que nos congés habituels. La to-do non achevée mais que veux-tu, c’est le week-end, fin de la partie. Il faut bien se reposer tous en même temps, nan, c’est comme ça qu’on fait ?
Ciao la cravate et le look preppy du vendredi.
Cravate à rayures Renée FEMMES
Cardigan Unisexe Lovely
En Union soviétique, on a même tenté l’expérience des jours de repos décalés, chacun ayant congé à son tour (qui les mercredi/jeudi, qui les lundi/mardi, bref n’impe). Mais ça ne fonctionnait pas. Parce que ce qu’on aime, nous autres humains, c’est souffler de concert. Partir à la campagne, acheter un poulet rôti, se faire un ciné, un brunch (= nom que le dej porte uniquement le week-end car non, un brunch n’est plus synonyme ni d’oeufs brouillés ni même de top départ en matinée), réfléchir à ce qu’on va cuisiner. Acheter plein de magazines, les traîner au lit, sur le canap, dans son sac tout le long de ce temps béni. Glander en pyj’, attendre le soir pour se laver, et puis craquer pour un chouette look parce que non, on ne s’habille pas QUE pour les “gens du travail” sinon ce serait trop triste. Alors on pioche un pull doudou, camionneur mais pas trop, une veste cosy qui nous donnent quand même l’impression d’avoir un bout de notre lit sur le dos, même quand on part danser. Des trucs en velours qu’on enfile avec des grosses chaussettes quand on entortille ses pieds devant la cheminée pour un Skyjoe, un Scrabble, une session série jusqu’au bout d’une nuit que le réveil ne bousculera pas.
Pull à manches longues Alexander
Pantalon ballon en velours 7/8e Robinson
On aimerait bien se dire que c’est ça, nos samedis, nos dimanches. Se resserrer les uns contre les autres. Se réunir entre amis, papoter, prendre des nouvelles des uns et des autres, bricoler, ranger, réviser, partager. Mais bon, les chiffres viennent un peu bousculer ce bel édifice. Selon la Fondation Jean-Jaurès, en 2026, nous passons 72% de notre dimanche à domicile. Et 26 % de notre temps… sur nos écrans.
Pourtant, lorsqu’on demande aux Français quels sont leurs moments préférés de ces deux jours sacrés, 22 % citent ceux passés en famille. Parce que, lorsque le samedi soir aux saveurs anciennes de Disney Channel nous bascule vers la ligne d’arrivée, nos dimanches gardent pour toujours ce goût doux-amer de l’enfance. Celui du réconfort du foyer qui fait baisser la garde, taire le fracas du monde de l’effort. Goûter à nouveau le plaisir d’observer les rayons froids du soleil dans la cour de son immeuble, petit-déjeuner avec son papa, aller chercher des croissants, tiens, pourquoi pas. Voir ses grands-parents, écouter les mêmes histoires, coller son nez contre des cadres photo qu’on a vus mille fois. Regarder le jour tomber peu à peu les dimanches d’automne, puis d’hiver. Sentir gonfler la boule de chagrin doux qu’on appelle aujourd’hui « Sunday scaries ». Se préparer à changer de maison, parfois. Ouvrir son cartable dans l’odeur de légumes vapeur et le petit couinement du gros truc Seb qui faisait un peu peur.
Observer les réverbères qui s’allument dans la rue comme aux fenêtres des voisins. Fin de la partie, tout le monde est chez soi. Serrés les uns contre les autres, essayant de grappiller encore un peu de ce bonheur-là.
Bon week-end !








J’adore
Oui lire un excellent livre au coin du feu ou bien blotti dans son lit !