Pourquoi les Parisiennes glissent-elles leurs cheveux dans leurs vêtements ?
Olsen tuck ou Parisian tuck ?
« Tiens, tu t’es coupé les cheveux ?
- M’enfin pas du tout, pourquoi tu dis ça ?
- Bha je sais p… Han mais naaaan, ils étaient cachés ! »
Un dialogue mère-fille. Ou copine « qui en est » (de la team cheveux glissés) - copine « qui n’en est pas » (normale ?). Ok, ça fait un petit bout de temps qu’on voit ça chez Vic Beckham, par exemple, et quelques électrons de la Fashion week qui arpentent, furax, solaires XXL sur le bout du nez plongé dans le portable, col roulé qui remonte jusqu’à mi-visage en mode prépuce, pas décidé. Ca, quoi ? Les cheveux dedans, pardi !
Comme ces barbus hard-rocker type ZZ top dont on se demande s’ils dorment barbe dessus ou barbe dessous la couette, les « filles stylées » ont désormais les cheveux longs MAIS abrités des regards dans des cachemires, des vestes ou des manteaux.
Je pose un ZZ top là pour que vous puissiez visualiser.
Et pour revenir à notre « tendance capillaire » , elle porte même un nom, le Olsen tuck. Comme les sœurs Ashley et Mary-Kate Olsen, qui en sont les manifestes égéries. Icones du chic intouchable grâce à leur marque The Row, qui défile à la Fashion week de New York et s’est même récemment payé le luxe d’interdire les smartphones aux quelques spectateurs du show triés sur le volet, les jumelles de La Fête à la maison ont donc laissé leur empreinte patronymique dans la grande histoire du staïle. Comme en d’autre temps on se faisait une choucroute BB, une coupe Rachel ou un brushing Farrah, aujourd’hui, les réseaux sociaux s’agitent ainsi autour du Olsen tuck, autrement dit, le « rentrage Olsen ».
Sur Tik Tok, toujours friand de trucs faciles à adopter, le hashtag #Olsentuck fait florès comme sur Pinterest qui remonte les plus beaux street styles new-yorkais hérissés de cheveux boules expatriés depuis peu jusqu’au trottoirs de la capitale française. A Paris aussi, donc, voilà donc qu’on s’enroule dans son écharpe, quand on ne coulisse pas avec ce je-ne-sais-quoi d’effortless so parisien ses cheveux Dyzonés ou faussement négligés, pour donner à sa silhouette ce tracé powerful Anna W et à son visage des airs de petite souris.
« Pour moi, cette tendance-là va vraiment de pair avec la tendance de ‘je porte ma veste sur les épaules sans mettre mes bras dans les manches’, analyse Peggy Frey, créatrice de contenus et experte ès mode. En fait, c’est quelque-chose de contre-instinctif, comme de ne pas sortir les cheveux de sa veste mais justement, ce sont deux gestes similaires et étudiés. Si on fait de la psychologie facile, c’est pour moi le signe de ralliement de personnes très control freak, qui maîtrisent énormément leur image et ne veulent pas qu’un cheveu dépasse. Ce sont des Victoria Beckham, des Gwyneth Paltrow, des Carine Roitfeld. »
Et le commun des mortelles parisiennes, donc, trop heureuses de pouvoir mimer la femme chic de pouvoir à peu de frais. Honnêtement, des cheveux + un pull, on a rarement fait plus simple comme tendance à adopter. Un peu comme de tester la recette de l’omelette blanche de palace (mon rêve), soit un truc donné à tout le monde EN SOI mais au résultat qui demande toutefois un savoir-faire et le public adapté. Pas sa mère, donc, à moins que ce soit Gwyneth Paltrow, ni sa copine « de la vie normale ». Aussi certaines y vont-elles de leur tuto pour nous apprendre comment obtenir le plus beau Olsen tuck « naturel » (oui, le naturel est le plus long des résultats à obtenir), légèrement gonflé sur l’arrière, dégringolant devant grâce à quelques mèches opportunément échappées.
Une ode au quiet luxury, ce Voldemort du style dans lequel Carolyn Disney+ Bessett vient de remettre une pièce, qui n’en finit plus de nous corseter, lisser, contraindre chaque fois qu’on nous prédit le come-back des ninetees, du fluo et de la liberté. La good news ? C’est que la trend protège des frisottis. La mauvaise ? C’est qu’il aplatit.
A vous de voir de voir ce pour quoi vous optez. Dehors ou dedans comme la barbe du metalleux (d’ailleurs si des barbus me lisent, je reste curieuse de savoir ce qu’il en est) ? En tous cas, la prochaine fois que vous enfilerez une veste, vous y penserez. Et la question se posera.
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