Le Diable s'habille en Prada 2 ou des suites évitables
C’est comme revenir sur un lieu qu’on a trop aimé. Pourtant, qu’on soit bien clairs, j’adore la comédie romantique. Et même les suites. Les Bronzés font du ski me semblent bien meilleurs que le premier. Sans La Boum 2, on n’aurait pas croisé Pierre Cosso. La bonne moitié de mon vocabulaire est tiré de ce genre sous-estimé qu’est la rom com. « Johnny, arrête de courir après ta vie comme un cheval sauvage » (Dirty), « C’est 50, pépé. Pour 75, mémé peut mater » (Pretty), « Je peux vous apporter quelque chose ? Du café ? Du thé ? Moi ? » (QUIZ). Love Actually, Bodyguard, Quand Harry… bref, ils sont tant et tant, comme Le Diable s’habille en Prada, à avoir marqué leur époque comme la discipline ô combien délicate consistant à équilibrer guimauve, humour et émotion, dialogues ciselés et personnages attachants devenus légendes.
C’est pour ça que j’en veux tant aux scénaristes si paresseux bien que probablement nombreux chargés de s’atteler à ce second opus des aventures de Miranda et Andy de la fash, ayant rendu une copie décousue (c’est ballot), survolante et anachronique (quasi rien sur la dive influence ayant rebattu les cartes du milieu), n’était le rachat du média par de cruels milliardaires désintéressés, et un Stanley touchant. Mais Miranda vulnérable pourquoi pas, si on voyait ses filles devenues grandes, une histoire d’amour pour Andy oui, mais pas avec un nobode inutile dont on ne comprend même pas comment il est arrivé là et à peine un bisou (pfff), New York en décor réconfortant mais pas filmé à la Getty images. Et tout ça me fait prendre conscience que l’opus 1 était l’adaptation presque littérale d’un roman. Comme l’Age de raison du Bridget 2, ou toute la saga des Harry Potter. Bref, on a beau avoir le cast, le budget et les fans qui trépignent, comme disait Hitchcock, un bon film, c’est un script, un script, un script. Et un minimum de respect pour l’œuvre initiale et le public. That’s all.




