Faites le test et posez cette question de gamine de CE2 autour de vous : “C’est quoi, ta saison préférée ?” Vous aurez des monceaux d’été luttant contre les pro-printemps, quelques hiverophiles (les fanas de ski, celles qui frisent en été ou ne supportent pas leur corps dénudé, les gagas de Noël), mais de férus d’automne, point (à part les gens comme mon fils, nés en cette saison, hyper vexés de cet état de fait).
Et pourtant. Si l’on s’y penche un peu, ce parent pauvre de la saisonnalité est en train de grappiller du terrain. Déjà parce qu’Halloween, ses citrouilles, ses bonbecs, ses thés épicés, ses orgies costumées, ses soirées télé qui tombent pile sur les vacances de la Toussaint devenues de vrais congés depuis que les salariés ont l’opportunité de “télétravailler” (matez les guillemets), est enfin parvenu à squatter le calendrier français. Ensuite, parce que dans un monde où tout par à vau-l’eau ma pauvre dame, les jeunes comme les saisons que y’en a plus, bha ce côté franc du collier d’un trimestre qui a sa palette dédiée, son décor immuable de feuilles qui tombent et son décor du réconfort, bha ça rassure (et puis au moins on n’y crève pas de chaud parce que cet été avec la canicule et BLA BLA BLA).
Résultat, les recherches Pinterest autour de l’esthétique automnale (la “fall aesthetic”) ont bondi comme l’amour démesuré pour cette pré-saison du chocolat chaud. En témoigne le succès l’année dernière du roman “Le vent souffle sur Little Balmoral” de Sophie Jomain qui, après ses romances de Noël, a désormais investi le cosy Halloween break.
Et si l’on y réfléchit bien, tout ça n’est pas si récent. Parce que comme le titrait il y a quelques semaines le féminin online Pure Wow, “We are having a Meg Ryan Fall” (“On a un automne à la Meg Ryan”). Kezako, un automne à la Meg Ryan ?
“Don’t you love New York in the fall?”
(Vous avez un message. Nora Ephron)
Bha un automne rom com, pardi. Où l’on sort avec bonheur les motifs prince de Galles, les col roulés, les pulls à torsade, les chaussettes cosy, les denims ninetees, les lunettes romantico-sexy, les bouquins qui font du bien et les grosses tasse de thé avant d’aller gambader dans les feuilles d’arbres qui commencent leur jolie chute, tourbillonnent et soulèvent joliment les jupes, balaient les cheveux des coeurs à prendre qui se croisent et BAM, fallent il love. Un hasard cette homophonie ? Je ne crois pas. Comme les choix saisonniers de Nora Ephron, à qui on doit “Quand Harry rencontre Sally”, “Vous avez un message” et “Nuits blanches à Seattle, entre autres dingueries du genre. Et l’expression désormais consacrée d’”automne à la Nora Ephron).
On dit “Maison cent-vingt-trois”
Du coup j’ai pioché dans le vestiaire de Maison 123 (une bonne fois pour toutes parce que vous êtes hyper nombreuses à me dire “c’est vraiment vachement bien, Maison 1-2-3”, on dit “Maison cent-vingt-trois” (et oui on met des tirets entre chacun, ressortez vos Bescherelles). Et je me suis mitonné des petits looks à la Meg Ryan parce que comme dit la dame de chez Katz dans la scène de légende : “Je prendrai la même chose qu’elle”.
“Life starts all over again when it gets crisp in the fall.”
(Gatsby le Magnifique)
Pull col roulé à manches longues en laine Antonin
Pochette d’ordinateur en cuir Vivien
“Every leaf speaks bliss to me, fluttering from the autumn tree.”
(Emily Brontë)
Veste de tailleur à motifs prince de Galles Nelia, Maison 123
Pantalon de tailleur taille haute motif prince de Galles, Maison 123










