J’ai retrouvé dans mes cartons des bulletins d’école.
Une des observations pleine de mépris d’un de ces profs de l’époque qui se faisaient bien plaisir disait : « Élève effacée. » Effacée quelle horreur. Pouf. Alors j’ai réalisé qu’il y a avait vraiment une omerta sur les timides. Ceux qui ont le coeur qui explose quand on les regarde, quand on les fixe. Les oreilles qui bourdonnent la peau qui chauffe les mains qui gouttent quand on les pointe en classe. « Oh, elle est toute rouge ! » L’envie de disparaître de creuser un trou d’enterrer cette tare que l’on ne saurait voir. Et puis les stratégies d’évitement pour échapper au tableau, aux exposés, au doigt levé, aux grandes tablées.
Aujourd’hui on peut « avouer » plein de choses même quand on « se vend » mais « timide » non. Non non, dans le monde du travail on aime travailler en équipe prendre la parole affirmer haut et fort. Je ne sais pas combien nous sommes ni pourquoi nous sommes nés comme ça. Ce que je sais c’est que les grands ti…


