Katie, de New York à Paris
Chaque semaine, une belle histoire d’amitié, complètement inédite. Racontez-moi la vôtre, je l'écrirai.
Je viens de débarquer à New York. Après trois ans de relations avec Max, incapable de s’engager, j’ai pris une décision radicale. Je l’ai quitté, tout comme Paris, mon apparte sous les toits, ma famille, mes copines et cette vingtaine qui s’achève. Direction la Grosse Pomme, ses klaxons, son énergie folle, ses passants qui courent dans toutes les directions. Sa solitude, aussi. Je suis en pleine remise zéro. A l’aube d’une nouvelle vie, le cœur brisé, sans apparte. Dans un café cosy, devant les rues enneigées, je me connecte au hasard d’un site de coloc. Katie cherche une fille « rigolote, française, qui fume des pétards ». Son annonce me fait rire. Qu’est-ce que j’ai à perdre ?
Une New yorkaise en leggings m’ouvre la porte, je l’aime au premier regard, comme l’apparte et son énergie qui me revigore. Tout est parfait jusqu’à ce que surgisse Socks, son chat, qui sort les griffes illico en me voyant. J’ai hyper peur des animaux, il le sent, et montre clairement à sa maîtresse que lui et moi, ça ne va pas le faire. Dommage, on avait commencé les présentations devant quelques verres de vin français, et je me voyais déjà dans cette nouvelle vie pleine de bavardages légers et de liberté.
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Contre toute attente, et malgré le véto de Socks, Katie me choisit moi. Commencent alors des mois de pur bonheur, de sorties, de reconstruction. Katie et moi, on devient comme des sœurs. Socks, lui, s’oublie régulièrement sur ma couette, griffe mes manteaux préférés, fait même caca dans mon sac à main. Il a beau tout donner, il ne parvient pourtant pas à nous séparer.
Un jour, mon téléphone sonne. Mon ancienne vie vient percuter le décor américain. Max est là. Il a traversé l’Atlantique pour me demander en mariage. Bien sûr, je dis oui. Je le savais bien, moi, qu’on était faits l’un pour l’autre. Peu de temps après, je repars en France, mon cœur d’amie brisée, mais avec la certitude que Katie viendra en Provence l’été prochain pour notre mariage.
Ce jour-là, dans le jardin de ma maison d’enfance, au son du chant des cigales, elle y rencontre celui qui deviendra son futur mari… avec lequel elle vit aujourd’hui à Paris, à quelques rues de chez nous, avec leurs enfants.
Combien y avait-il de chances pour que ces deux-là se rencontrent à la faveur d’une annonce de coloc débusquée un jour de chagrin à des milliers de kilomètres du soleil provençal qui brille ce jour-là au-dessus de nos sourires ?
Aucune, sans doute. Une au moins. Portée par notre amitié.
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