David et Jonathan, chépa c'est qui
De la disparition du "que", du "ne", vraie dinguerie comme la couture de Matthieu Blazy, les couleuvres de Bad Bunny, et la moustache de Camille Lacourt.
Elle a raison, cette journaliste de France Inter entendue un matin en sirotant mon café. En plus de dire « chépa c’est qui », plutôt que « chépa qui c’est », « les jeunes » s’unissent actuellement dans un beau mouvement collectif pour supprimer le « que ». En mode : « Faut trop j’aille voir David et Jonathan en concert. J’ai vu ils vont remettre le couvert pour une série de dates. Chépa ils vont chanter quoi vu qu’ils ont fait deux tubes mais bon. Chtrouve ils ont pas trop vieilli ». Vous l’avez ? Comme le soulignait la journaliste, ma génération a bien gobé le « ne » (seul mon père dit encore « Je NE sais pas qui sont David et Jonathan »), alors tout est possible.
Protégeons donc le QUE et les poulets, tiens, au cœur de l’actu et des discutes de la Gen Z dans mon salon. Et que je te mate des vidéos sur Tasty Crousty, et Master Poulet qui s’installe à Saint Ouen même que le maire a planté des pots de fleurs devant l’enseigne en signe de protestation. Ennemi public politique et générationnel numéro 1, j’apprends dans Le Parisien magazine que ledit poulet superstar serait, en plus de son indéniable popularité gustative, l’oiseau le plus intelligent (et cousin du dinosaure), capable d’identifier couleurs, lettres et chiffres. Jure. Et moi d’imaginer la façon dont les scientifiques ont évalué le pauvre animal avant qu’il NE passe sur le grill. « Oh, poulet, tu vois quoi, là ? » « Euh… un A rouge ? » Fort.
Côté mode, il faut porter un pull camionneur, ça on le savait, surtout depuis l’ouverture du premier défilé croisière Chanel de Matthieu Blazy dans le métro new-yorkais par Bhavitha Mandava, mannequin indienne arrivée au Met Gala dans ce même look hommage à ses débuts sur les podiums mais en version COUTURE, cette fois. Bref une silhouette faite d’un « jean » en trompe-l’œil (en bref, ce serait comme comparer un citron de l’Intermarché à un citron Cédric Grolet) de soie ayant nécessité 250 heures de travail et un « camionneur » en mousseline gracieuse. Ballec ? Pensez-vous. Il n’en fallait pas plus pour agiter la planète fashion, effarée qu’on ose débarquer à la soirée hostée par Anna Wintour et les Tuche-au-MET-Bezos (qui ont injecté 10 millions de billets verts pour y être conviés) dans un tel négligé recherché. Perso, j’aurais surtout aimé que les célébrités liste A respectent l’appel au boycott d’un raout autrefois ultra select cette année inféodé à la loi du dollar qui ouvre ses portes à tout et n’importe quoi (et à des gens, donc, ont des liens plus ou moins obscurs avec ICE – oui, Bad Bunny, on te voit tiraillé entre ta Fomo et tes engagements). MAIS BON. J’imagine que venir à la centième soirée de l’année en robe lamée pour une actrice aussi peu puissante que Nicole Kidman, ça ne se refuse pas…
Dans L’Obs, j’ai appris que Mathieu Pigasse y pensait pas mal en se rasant, ayant déposé les noms de domaines pigasse2027.fr, avecpigasse2027.fr et toute la panoplie du parfait candidat. J’ai vu aussi et j’étais passée mais alors complètement à côté de cette info que Lena (Mahfouf / Situation) avait eu la Légion d’honneur en octobre dernier. Une « dinguerie », dirait-on, l’un des mots (avec « ma gâtée », « boomer » ou « surtourisme ») qui font leur entrée dans le Petit Larousse cette année. Une autre créatrice de contenus, que j’aime beaucoup, a enterré sa grand-mère cette semaine. Et ma génération entre deux chaises d’apprendre ainsi que Loulou kitchen est la petite fille de Chantal Nobel, l’héroïne solaire et conquérante de Châteauvallon au destin fauché une nuit de sa 37e année par la vitesse excessive, diront certains, une plaque glissante, diront d’autres, qui aura fait perdre à Sacha Distel le contrôle de sa Porsche et à sa passagère 80% de sa validité. Ainsi me reviennent en mémoire les images de cette femme courageuse portée par l’envie folle de remarcher (ce qu’elle fera, avec une canne) et de reprendre son métier. Un bonheur qui ne sera finalement pas venu, « le métier », comme on dit, ayant préférer tracer sa route. Et je ne peux m’empêcher de penser que l’époque d’alors, peu encline à pleurnicher sur le destin des victimes, et notamment des femmes, n’était pas forcément plus belle, quoi qu’on en dise souvent. Peut-être un docu Netflix reviendra-t-il un jour sur le traitement qui avait été fait de cette tragédie à hauteur de femme, les paparazzis dans sa chambre d’hôpital, l’indulgence collective pour le play-boy repenti (« Rhaa, les hommes, que veux-tu ? », c’est ce qu’on disait avec complaisance et soumission en ce temps-là, pour justifier les « bêtises » de « ces gens-là »). En parlant de Netflix, j’ai vraiment hâte de visionner le docu qui revient sur l’épisode du fiasco de Knysa. « Le Bus » des Bleus d’Evra sera en ligne le 13 mai, et Domenech-« J’ai qu’un seul projet, c’est d’épouser Estelle. Donc c’est aujourd’hui que je lui demande. Je sais que c’est difficile mais c’est dans ces moments-là qu’on a besoin de tout le monde et moi j’ai besoin d’elle » dira « TOUT », promet-il dans la bande-annonce. Je compte sur toi, Raymond (juste, quand on fait une demande en mariage, on dit pas « MOI JE »).
En attendant, dans Top Chef cette semaine, Camille Lacourt est apparu nuque longue écureuil et moustache de gendarme des années 80 et ça, j’aimerais vraiment savoir pourquoi.





