LeParisianer

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Debrief

Non, on ne rendra pas la meilleure chambre la 2e semaine

Et pourquoi François Berléand dort sûrement en pyjama

août 07, 2026
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On m’avait toujours vendu Paris au mois d’août comme une merveilleuse parenthèse pendant laquelle ne déambulent plus dans la ville délestée de ses ignobles habitants que des touristes beaux, enjoués et souriants sans que j’eus pu constater si ces juillettistes s’auto-convaincaient dans leur malheur ou disaient vrai. Ainsi me voilà en cet été 2026 pour deux semaines dans la capitale, vérifiant leur enthousiasme. Dans un silence ouaté, le temps s’étire. Les rares passants marchent doucement dans les rues chaudes, vides, pleines de promesses qu’on ne saurait déterminer mais qu’on est prêts à accueillir, s’attablant à une terrasse sans réservation, chopant un Lime ou un strapontin dans le métro aussi facilement que Mariah Carey une Bentley au sortir de son hôtel. Bref, c’est beau. Mais croyez-le ou non, on a beau être dans cet espace-temps qui n’en est plus vraiment un (comme vous sur votre lieu de vacances qui ne savez même plus si on est le 7 ? Le 4 ? Note pour vous-même : mon anniversaire, c’est le 12), lorsque surgit le lundi, le seum rapplique aussi.

Si, si. Selon une étude, lorsqu’on est lundiphobique, même si on est en congés ou à la retraite (ou les deux), notre taux de cortisol, aka l’hormone du stress, augmenterait ce jour-là de 23%, intensifiant d’autant notre risque d’accidents vasculaires et autres joyeusetés cardiaques. La faute à des décennies de stress ancrées qui font, j’avoue, que même sous les cocotiers je SENS le lundi comme une cartomancienne la rencontre de l’être aimé.

Et en parlant d’être aimé, mon amie Géraldine qui adore trainer sur Tik Tok a attiré mon attention sur un concept génial spotté à New York : un photomaton qui trouve votre âme soeur. On s’installe devant le petit rideau moche, on répond à un questionnaire, on fait ses photos (quand même) et au moment où elles sont imprimées déboulent en plus celles de votre promis.e. Une invention géniale qu’il serait cool d’importer en France et qui, surtout, ferait un super début de roman (ici, c’est la note pour moi-même).

Les gens déjà en couple, eux, ont probablement été récemment mis face à ce grand dilemme de la location de vacances : comment se répartir les chambres ? Ne mentez pas, vous savez bien qu’il y a TOUJOURS (à se demander si des architectes diaboliques ne se sont pas refilé le mot exprès en vue des Airbnbisations futures de leurs oeuvres) une super chambre de maître et sa salle de bain attenante (voire “et sa terrasse vue sur mer”), une chambre moyenne, grande mais sans âme, et une à deux chambres merdiques (sans compter le canapé-lit du salon ou le gourbi en souplex pour le malheureux celib qui avait qu’à aller au photomaton à New York s’il fait aucun effort, aussi, on peut rien pour lui). Dans sa série “Les négos de l’été” publiée dans M le Monde, Guillemette Faure a ainsi établi que la délicate question de la répartition desdites chambres, pas du tout aussi anodine qu’il n’y paraît, répondait à des règles complexes liées à l’âge, au statut conjugal et à l’ancienneté des membres au sein du groupe. Par ailleurs, et trèèèès intéressant : pour obtenir la meilleure chambre, il faudrait arriver non pas en premier mais en… deuxième. Pourquoi ? Parce que les premiers n’osent pas s’installer dans la meilleure et prennent l’autre, la fameuse moyenne tristoune dont je vous parlais. “Oh mais non prenez-la, mais non vous, prenez-la. T’es sûre ? Non vraiment j’insiste. Bha tu sais quoi, on n’aura qu’à échanger la semaine prochaine comme ça vous aussi vous aurez la vue”. Mwahaha, on la connait la promesse du switch. Tout le monde aura la flemme. Oui, même les pauvres cloches de la seconde chambre qui se sont en plus tapé le premier plein au Super U.

Prêtre bien qu’ils pourront dormir à poil dans leur lit, me direz vous, délestés du vis à vis (peu) probable avec un kit surfeur passant devant leur immense baie vitrée. Bha non. Parce que, selon le magazine ELLE, 93% des femmes dorment couvertes (47% en pyjama, 24% en chemise de nuit, 25% en T-shirt oversize si vous voulez tout savoir et oui, ça fait plus que 93% au total mais je n’y suis pour rien) hiver comme été, canicule ou pas. Chez les hommes, 16% dorment nus. C’est peu, d’autant qu’une étude plus ancienne qui m’avait marquée prétend que dormir nu fait baisser le taux de cortisol (note pour mes dimanches soir à venir, rapport au stress du lundi) et est très bon pour les cheveux. Et pas plus tard qu’hier, une coiffeuse dégotée dans un Paris qui a baissé le rideau me disait que la qualité de nos cheveux, hommes comme femme, se dégradait énormément, “et ce de plus en plus tôt”. Moi je dis, cherchez plus et brûlez les pyjamas (en plus, ça fera moins de lessive et du bien à la planète). D’ailleurs, j’ai lu aujourd’hui dans Voici que Bernard de La Villardière lavait ses slips à la main…

Et parce que je sens bien, d’ailleurs, que ce debrief estival manque cruellement de gosspis people à votre goût, voici ce que j’ai glané ça et là : François Berléand loue chaque année la même maison à Douarnanez (prend-il la meilleure chambre ?) et mange dans le même restaurant. En l’occurence, une crêpe à l’andouille et au gruyère. Cristiano Ronaldo devrait se marier demain avec Georgina, à Madère. Zizou a mieux négocié son salaire que DD. Jean Dujardin a une nouvelle meuf. Vanessa Paradis et Samuel Benchetrit se séparent. Charlotte Casiraghi a eu 40 ans, un âge où, selon Bixente Lizarazu qui n’en finit plus d’enchaîner les séances sur Insta, “la musculation, c’est important, passé 50 ans, c’est indispensable, après il sait pas, il verra bien”. Thylane Blondeau s’est mariée. Comme probablement Bradley Cooper et Gigi Hadid (en témoignent leurs annulaires sondés par les experts qui opteraient pour des alliances Boucheron). Mais ce qui affole Internet, c’est que Gigi n’a pas changé de débardeur pendant tout son séjour parisien. Preuve (ou pas) que, comme Bernard de La Villardière, elle le lave à la main tous les soirs dans son lavabo du Mandarin Oriental. Et qu’elle doit dormir nue, elle a de beaux cheveux.

Allez, vous pouvez retourner sur vos serviettes.

Bonne journée.

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